‎‎Florent Basch

Décentrer sa curiosité de la nature humaine

Parfois, je suis frappé par l’obsession de l’homme pour lui-même : tous nos arts semblent dirigés vers l’élucidation de la condition humaine. La littérature ne parle presque que de l’homme, les films aussi, la philosophie aussi. Je me sens lassé de cette focalisation exclusive sur notre propre espèce. Il faudrait pouvoir décentrer notre curiosité de notre condition, pour s’intéresser à celles des autres animaux — ou mieux encore, aux autres formes d’existence, les bactéries, les minéraux. Etre antispéciste, c’est aussi être curieux de ce qui ne concerne pas directement l’espèce humaine. Cela demande un effort, en tout cas pour moi ; j’incline davantage à lire un ouvrage sur la psychologie humaine, même si celui-ci répète ce que je sais déjà, plutôt qu’un texte sur les bactéries ; et pourtant, je suis sûr que lire sur les bactéries enrichit davantage notre compréhension du monde. J’aspire à me déprendre de plus en plus de cet intérêt trop exclusif pour l’espèce humaine et travailler à m’intéresser (car l’intérêt est souvent le résultat d’un travail préalable) plus aux choses et aux êtres éloignés de la condition humaine. Peut-être même que cet intérêt porté pour ce qui n’est pas humain, permet, paradoxalement, de mieux comprendre l’humanité, en la comparant à ce qu'elle n'est pas, de la même manière qu'étudier les moeurs d'un autre peuple aide à mieux comprendre la particularité de nos propres moeurs.

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